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  • Frank

    Réseaux sociaux : l'obsession de soi

    Classé dans Réseaux sociaux,Blog

    Frank Peirone


    La place des réseaux sociaux dans la culture de l'entreprise est incontournable aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que ces plateformes confrontent le monde professionnel avec la réalité quotidienne. Mais regardons un peu le côté le plus sombre des réseaux sociaux : l'individu

    L'utilisation des réseaux sociaux à des fins personnelles, au risque d'enfoncer des portes ouvertes, a exacerbé la culture du soi au détriment du collectif. Mais cette tendance est elle un frein à la communication professionnelle sur ces plateformes ?

    Loin d'annoncer le scoop du siècle, les réseaux sociaux ont favorisé la culture de l'égo. Ces outils ont profondément changé la façon dont nous communiquons mais ont surtout mis à jour un trouble jusque là resté sur la place du village. Ils ont facilité la visibilité de la culture du "soi", en nous rendant toujours plus addict à une image plus qu'à une idée et suscitent une réaction addictive dans le cerveau humain sur l'information ou l'instant à ne pas rater. 

    Répertorier toutes les façons dont ils ont changé notre rapport au monde, tout comme lister leurs effets secondaires, est un pari difficile. Mais une chose est sûre, les réseaux sociaux ont transformés des personnes qui avaient déjà une obsession d'elles même, en narcissiques compulsifs.

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    Le trouble de la personnalité narcissique est un trouble dans lequel un individu se manifeste par le besoin excessif d'être admiré, et par un manque d'empathie. 
    Ce narcissisme s'exprime quotidiennement sous diverses formes : des angles de selfie trompeurs vous rendant plus attrayant, un mur Facebook pour paraître plus abordable et occupé que vous ne l'êtes en réalité, une quasi obsession d'être vu par n'importe quel moyen afin d'avoir une reconnaissance hiérarchique ou sociale.

    Le "j'aime", j'adore, le retweet, le commentaire agit comme une décharge d'adrénaline et apporte au fur à mesure des endorphines pour créer un bien être passager. C'est comme si les réseaux sociaux avaient trouvé la formule pour rendre le néolibéralisme acceptable en donnant une dose de tranquillisants à chaque connexion.

    On se retrouve confronté à une masse d'individus qui rentrent en compétition les uns contre les autres pour décrocher toujours plus d'amis, de likes, de retweets ou toute autre forme d'approbation pour satisfaire leur égo au détriment d'un objectif collectif.

    Pas étonnant partant de ce constat que l'on retrouve de nombreuses personnes en mal de reconnaissance dans le milieu politique, artistique ou dans celui des médias et de la communication. Ils emploient le "je" ou le "nous" comme moyen d'expression sur les plateformes sociales, et chaque nouvelle approbation les rassurent sur la reconnaissance de la masse.  Persuadé d'être incontournable, leur mode de communication s'appuie exclusivement sur leurs performances individuelles.

    Il est logique qu'une telle focalisation sur soi ait tendance à déborder sur l'obsession de soi. Chaque événement de la vie, même sans rapport avec leur public sur les réseaux sociaux, devient une source de contenu auto-promotionnel. On en vient à tomber parfois dans un phénomène   complètement ridicule lorsqu'on souhaite un joyeux anniversaire à ses propres parents même s'ils ne sont pas sur Facebook.

    C'est difficile d'expliquer un comportement qui est semble-t-il réflexif: ils sont conscients que le partage leur permet d'avoir une validation. Chaque like et retweet donne au cerveau une petite poussée de dopamine comparable à une dose de taurine.

    Quelle implication sur la gestion d'un réseau social d'une entreprise

    On en vient à voir les effets d'un tel comportement sur la communication professionnelle. Un conseil ne déviez pas de votre objectif et gardez le cap de votre stratégie

    Les personnes atteintes par ce trouble ne seront sûrement jamais vos clients à moins que vous ne les mettiez en lumière. C'est tout l'antagonisme des réseaux sociaux. Les personnes qui feront le plus de bruit, ne seront pas forcément les plus sensibles à la communication de votre page parce que l'intérêt premier est qu'elles soient vues. Tout ce qui pourra les mettre dans l'ombre sera perçu comme un danger. Si vous souhaitez communiquer à travers elles, il faudra trouver le prétexte pour les mettre en scène.

    Une entreprise ne peut pas être visible si la personne en charge des réseaux sociaux a un comportement obsessionnel. La communication doit contribuer à mettre en avant l'essence même de l'entreprise : les clients. On ne peut pas confier la gestion d'un compte social à un individu ayant une tendance à l'obsession de "soi", et ne pouvant se détacher de son individualisme au service du collectif. 

    L'entreprise pourra être fortement impactée par l'image que renvoie l'individu; par une communication très égocentrique sur les réseaux professionnels et une tendance à utiliser son profil personnel pour renvoyer une image surdimensionnée de sa position dans l'entreprise.

    La question se pose donc en matière de management : le chef d'entreprise doit s'intéresser particulièrement à la communication pour éviter de tomber dans le piège de l'individualisme exacerbé.  L'avancée des nouveaux modes de travail collaboratifs devraient contribuer au contraire à favoriser l'intelligence collective pour éviter de se retrouver dans une situation de blocage, confronté à l'égocentrisme d'un individu en situation d'exclusivité dans le domaine de la communication sur les réseaux sociaux.

    L'autre solution pour une entreprise est l'externalisation quand la tâche s'avère compliquée. Cela permet de confier la communication à des entités n'ayant pas d'intérêts directs avec la marque et de s'affranchir d’éventuels problèmes obsessionnels du "soi"